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OBSEQUES DE LA DEPUTEE HONORAIRE EUGENIE TSHIKA WA MULUMBA : BRUNO MITEYO BRAVE L'EMOTION ET PRONONCE UNE ALLOCUTION QUI A PANSE LES PLAIES

2021-07-07

Décédée le 25 juin à Johannesburg (Afrique du Sud), rapatriée à Kinshasa le lundi 5 juillet dernier, la Députée nationale honoraire, la petite sœur biologique d'Etienne TSHISEKEDI WA MULUMBA et la tante paternelle du Président de la République, Félix TSHISEKEDI, a été inhumée ce mercredi 7 juillet à Kinshasa.

Plusieurs personnalités politiques ont été présentes aux obsèques, notamment, le Président de la République accompagné de son épouse, la Distinguée Première-Dame, les Présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, les Députés et Sénateurs.

Devant les personnalités de marque, les invités, la famille et tous les compatissants, le Chef de la Maison Civile du Chef de l'Etat, Dr Bruno MITEYO NYENGE, a bravé l'émotion et prononcé une allocution de circonstance bien référencée à la Bible et qui a pansé les plais. Lachandelle.net vous propose en intégralité cette allocution d'un homme plein de foi et d'espérance.

Une mort dans la foi en la Résurrection

En décembre 2020, après avoir suivi un traitement médical dans les formations médicales de Kinshasa, Maman Eugénie Tshika wa Mulumba a été transférée en Afrique du Sud pour des soins médicaux plus spécialisés. D’après le rapport médical, son état de santé était en nette amélioration et elle s’apprêtait à retourner au pays à notre grande satisfaction.
Mais le matin du 25 juin 2021, lorsque j’ai appris la nouvelle de son décès en Afrique du Sud, mon cœur fut transpercé par la douleur de voir partir une personne qui m’a adopté comme un frère et pour qui j’ai développé une profonde affection.
Au cœur de cette douleur, je me suis souvenu de l’une des phrases de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus que la défunte aimait répéter suivant la version d’un célèbre chant catholique en Ciluba : "Ncyena mfwa to, ndi mbwela mu moyo", ce qui veut dire : "Je ne meurs pas mais j’entre dans la vie".

C’est une vérité que l’on ne veut pas entendre de la bouche d’une personne que l’on aime et qui, face au poids de la maladie ou de l’âge, pressent sa mort prochaine et veut y préparer les siens à la vivre avec ses sentiments. Cependant, devant le cercueil de Maman Eugénie Tshika, son "Je ne meurs pas mais j’entre dans la vie" nous invite au saut de la foi, c’est-à-dire la confiance en la puissance infinie de celui qui nous a créés et appelle chacun de nous à la vie éternelle.

En effet, le ciel de Dieu n’est pas un cimetière dans lequel est anéanti le miracle de la vie, mais une maison dans laquelle chacun de nous a sa demeure (Jean 14, 2). Certes, nous n’avons pas tort de pleurer celle qui s’en va, parce que, comme tout départ, la mort est une séparation douloureuse. Mais nos larmes sont aussi cette pluie d’amour que nous faisons tomber sur la terre dans laquelle est enfouie la bonne semence afin qu’elle germe et se convertisse en une vie qui demeure à jamais (Jean 12, 20-33).

Fortement engagée dans le combat politique

La mort de Maman Eugénie Tshika wa Mulumba m’a rappelé tous ses proches décédés au cours de ces quatre dernières années : son frère Dr Étienne Tshisekedi wa Mulumba, décédé le 1er février 2017 à Bruxelles ; son frère S.E. Mgr Gérard Mulumba, décédé le 15 avril 2020 à Kinshasa ; son autre frère, Professeur Gabriel Lusanga wa Mulumba décédé le 05 juin 2020 et enfin son époux Monsieur Sylvain Kabuya Mulamba Ditanta, décédé le 20 août 2020.

Vous conviendrez avec moi que, pour une famille, il s’agit là d’une succession d’épreuves assez dures à porter. Mais, quand on lit l’histoire avec les yeux de la foi, ces départs sont comme la retraite d’une génération qui a mené le bon combat et qui s’en va dans la paix, sûre d’avoir passé le flambeau de la démocratie et du progrès social à une autre génération consciente de ses responsabilités et à la hauteur de la tâche.
C’est pourquoi, loin de décourager, ces épreuves successives nous rappellent les mots du cantique avec lequel le prophète Siméon saluait l’enfant Jésus : "Maintenant, ô Maître Souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël" (Luc 3, 29-32).

Je mesure la douleur que vous ressentez devant la dépouille de Maman Eugénie Tshika wa Mulumba. Mais, ma prière est que le Très-Haut puisse panser votre affliction. A son instar, tous ces morts ne sont pas entrés dans un monde éloigné du nôtre. Ils sont entrés dans le monde invisible qui permet aux bonnes personnes de nous être plus présentes et plus utiles que dans le monde visible, malgré nos illusions.

Pour que les bons morts, ceux-là qui ont gagné "la couronne de gloire qui ne se flétrit pas" (1 Pierre 5, 2), nous soient si proches et si utiles, je suis convaincu que la seule chose qu’ils attendent de nous est de leur ressembler en imitant et en dépassant leurs vertus. Cette ressemblance dans le bien est la seule porte que nous puissions leur ouvrir pour qu’ils entrent et demeurent dans notre vie, y exerçant une influence féconde.

En ce qui concerne Maman Eugénie Tshika wa Mulumba, pour ne parler que de l’action politique, j’ai retenu trois grandes vertus exemplaires. Sa première vertu politique est le courage d’assumer et de partager le combat politique de son frère, Dr Étienne Tshisekedi wa Mulumba, dans un contexte où oser s’opposer au règne du monopartisme était prononcer sa propre sentence de souffrance et de mort. En effet, Maman Eugénie Tshika wa Mulumba n’est pas une spectatrice qui s’attribue une couronne d’honneur du fait de la parenté familiale ou d’une certaine proximité avec les fondateurs de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS). Elle est l’une de ces combattantes des premières heures qui n’ont cédé ni à la violence, ni aux intimidations, ni aux chantages, ni à la corruption, parce qu’elle a cru à la justesse d’une cause qui ne peut être portée que par ceux-là qui ne s’accommodent d’aucune compromission.

La deuxième vertu de Maman Eugénie Tshika wa Mulumba est cette détermination dont elle a fait montre comme Députée de la circonscription électorale de Kabeya-Kamwanga, en continuant à défendre les idéaux de la démocratie et de l’état de droit prônés par Dr Etienne Tshisekedi wa Mulumba. En outre, je garde le souvenir d’une personnalité tenace dotée d’un grand sens du devoir, d’une avocate de la liberté, d’une femme empathique et de principe, avec un franc parler hors pair reconnu du reste dans toute la famille.

Sa troisième vertu est la simplicité avec laquelle elle a vécu sa proximité familiale avec Dr Étienne Tshisekedi wa Mulumba, son frère, et avec Son Excellence Monsieur Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, son neveu et notre bien-aimé Président de la République Démocratique du Congo.

Alors que l’on sait ce que la folie des grandeurs qu’une telle proximité peut provoquer, elle a été cette femme effacée qui n’a jamais exigé un traitement particulier. Car, pour elle, la politique n’est pas un commerce dans lequel l’on investit sa vie pour en tirer des dividendes en termes de privilèges sociaux et d’avantages matériels privés.
Maman Eugénie Tshika wa Mulumba était une personne effacée, parce que, selon toute la charge idéologique du programme "Le peuple d’abord", elle était convaincue que  "la politique est la forme la plus haute de la charité", selon l’expression célèbre du Pape Pie XI.

Un exemple à suivre

Après le décès en juin 2020 du Professeur Gabriel Lusanga wa Mulumba, son dernier frère ainé jusqu’alors en vie, Maman Eugénie Tshika wa Mulumba était devenue un élément central de la grande descendance du Patriarche Alexis Mulumba, leur père. En plus, elle a été pour beaucoup conseillère et source de consolation.

Par ailleurs, sur le plan de la spiritualité, elle était une chrétienne catholique simple, convaincue et pratiquante, vivant sa foi. Quoi de plus normal pour un membre d’une famille qui aura donné à l’Eglise du Congo l’un de ses grands évêques, mon regretté prédécesseur Mgr Gérard Mulumba Kalemba, ancien Evêque de Mweka et ancien Chef de la Maison civile du Chef de l’Etat.

C’est dans sa foi catholique en la résurrection de la chair que nous la pleurons et que nous allons bientôt la porter en terre, convaincus qu’elle est entrée dans la vie éternelle. Nous lui demandons de continuer à veiller sur nous, en particulier sur le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, afin qu’il soit toujours le digne héritier et le continuateur du combat d’Etienne Tshisekedi et de bien d’autres pionniers de la liberté et de la démocratie, pour que la République Démocratique du Congo soit cette grande nation dont toute l’Afrique attend le souffle nécessaire en vue de gagner son combat pour la paix, la prospérité et le développement.

Que Maman Eugénie Tshika wa Mulumba prie aussi pour la classe politique congolaise, de manière à ce qu’elle soit cette dynamique où, enfin, le politicien congolais se réconcilie avec sa vocation de serviteur généreux du peuple. rnAlors tous nos martyrs de l’Indépendance et de la démocratie n’auront pas vainement versé leur sang.

Que Maman Eugénie Tshika wa Mulumba repose en paix !

La Rédaction
Jon LUCIAKA