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NOUVEAU MANAGEMENT PUBLIC : 30 JUIN 2021, 61 ANS DES SERVICES RENDUS PAR LES CHEFS CONGOLAIS A LEURS PARTIS

2021-06-30

30 juin 1960 - 30 juin 2021, cela fait exactement, jour après jour, soixante et un ans depuis que l'ex-Congo-belge a accédé à sa souveraineté tant nationale qu'internationale. En ce jour mémorable, le Président du Conseil d'Administration de lachandelle.net, ancien boursier du Centre Régional de Leadership YALI de Nairobi en Management Public, Coordonnateur Provincial de YALI au Kasaï oriental et Fondateur de l'ONG Jeunes Leaders du Développement Intégral (JLDI), a confié ses analyses critiques sur la situation du Congo ; qui prouvent à suffisance que les régimes qui se sont succédé n'ont servi que leurs partis politiques et ont manqué à appliquer le Nouveau Management Public (NMP). Ci-dessous la réflexion de Deus KALETA ODIA.

Vous vous en doutez, de KASA-VUBU à TSHISEKEDI, le Congo n'a toujours pas réussi à faire usage du NMP comme c'est le cas d'autres pays d'Afrique et du monde.

Vous interrogez-vous : comment ça ? Il vous souviendra qu'à la cérémonie officielle du 30 juin 1960, Sa Majesté Baudoin Ier, Roi des Belges, avait déclaré dans son discours au sujet des dirigeants congolais : "Il leur faudra mettre au premier plan les intérêts généraux du pays, quel que soit le parti politique auquel ils appartiennent. Ils devront apprendre au peuple que la véritable indépendance ne se réalise qu'au prix du travail bien fait. Une justice sereine et indépendante élève une Nation et demeure un facteur de paix sociale. La garantie du respect du droit de chacun confère à un Etat une grande autorité morale dans l'opinion internationale".

Le régime KASA-VUBU


L'un des Pères de l'indépendance du Congo avec son parti Association des Bakongo (ABAKO), à côté de plusieurs autres dont Patrice Emery LUMUMBA avec son parti Mouvement National du Congo-L (MNC-L) ; et devenu le tout premier Président de la République du Congo, Joseph KASA-VUBU, a laissé une histoire de son mandat méconnue des Congolais.

Oubliant vite le rêve de faire du Congo une Nation Forte au cœur de l'Afrique et le défi leur lancé par le Roi des Belges, le Président KASA-VUBU et son Premier-Ministre LUMUMBA (le tout premier du Congo indépendant) se sont jetés dans les guerres ethniques, tribales et régionales à la conquête de la suprématie de leurs partis politiques créés en fonctions d'ethnies, de tribus et de régions.

C'est cette situation qui conduira vite au putsh de 1965 avec le Général MOBUTU.

Du régime de MOBUTU

Devenu Président de la République du Congo, Joseph-Désiré MOBUTU sera connu comme le "plus grand dictateur" de l'histoire du Congo avec son parti-Etat "Mouvement Populaire de la Révolution" (MPR).

Jouissant de la politique de charme des Etats-Unis d'Amérique dans un contexte de guerre froide, le Président MOBUTU a dirigé le Congo pendant 32 Ans, alors qu'il avait déclaré prendre le pouvoir pour 5 ans. Les intérêts à sauver étaient d'abord les siens puis ceux de son parti au lieu de ceux du peuple. Devenu Roi du "Royaume du Congo puis du Zaïre", MOBUTU s'est fait adorer, son parti et lui, comme un dieu dans ce pays.

Ces adorateurs se faisaient payer par des courbettes au lieu du travail. Le petit peuple, membre du MPR par contrainte, n'avait que la danse à exposer et l'adoration à faire au "dieu". Dans ce contexte, MOBUTU s'est fait une fortune plus élevée à celle de l'ensemble des richesses du pays. Ses frères de l'Equateur, engagés dans plusieurs services de l'Etat, se sont également fort enrichis.

Ayant pris pitié de la situation économique du pays, il s'adressera, dans l'un de ses meetings, à ses frères en ces termes : " Iba muke, tika muke" (vole un peu, laisse un peu).

Des régimes KABILA (père et fils)

Au cours de ce régime, le peuple a également été oublié comme dans les deux précédents. On connaît par quelle voie, Laurent-Désiré KABILA a pris le pouvoir en 1997. Cadre et leader du mouvement rebelle qui l'a conduit au pouvoir, l'Alliance des Forces Démocratiques pour la Liberté du Congo (AFDL), KABILA Mzee était plus redevable à ce mouvement composé de militaires rwandais, burundais et ougandais qu'au peuple. Le Président KABILA et ses autres libérateurs, enivrés du sang de leurs frères, ont perdu la tête et ont soumis le pays à une nouvelle colonisation sur tous les plans dont le projet sera continué par le fils de 2001 à 2018.

Pendant ce dernier régime, le pays a beaucoup perdu au prorata des individus et des partis politiques principalement celui du Président de la République, Le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD). La nomination des ses proches aux postes de décision à tous les niveaux est un indicateur qui ne ment. Etaient tout-puissants les proches de KABILA et membres de son parti. La situation de ce régime ressemble un peu à celui de MOBUTU.

Du régime TSHISEKEDI

C'est après environ quatre décennies de lutte dans l'opposition que le parti historique de l'opposition au Congo a accédé au pouvoir avec Félix TSHISEKEDI comme Président élu.

Elu sans majorité au parlement (Assemblée et Sénat), la gestion du pays n'était pas une affaire du seul Chef de l'Etat et sa coalition Cap pour le Changement (CACH) fondé avec son allié Vital KAMERHE ; contraint de coaliser avec l'ancien Président de la République et ancien adversaire de son parti, l'Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) ; qui a fondé et fait passer de plateforme électorale à une plateforme politique son mouvement appelé Front Commun pour le Congo (FCC). Dans cette politique de coalition, une première expérience pour le Congo, la boussole tue était "le parti d'abord ou la plateforme politique d'abord". La première année du quinquennat de Félix TSHISEKEDI offre beaucoup de cas l'attestant.

Comme on peut le voir, de 1960 à 2021, les régimes qui se sont succédé à la tête du pays n'ont travaillé que pour leurs partis politiques d'appartenance. Autrement, nos dirigeants n'ont pas su travailler pour l'intérêt du peuple, mais ont pu seulement travaillé pour leurs partis. La gestion d'avant l'avènement de l'Union Sacrée de la Nation initiée par le Président de la République en dit long. "Donc, le Roi Baudoin Premier avait raison de qualifier gouverner de défi pour les dirigeants congolais". Voilà la situation succincte après 61 ans d'indépendance et de gouvernance.

Il faut le relever, l'actuel Président de la République ne jure que sur le service au peuple avec sa vision politique "Le peuple d'abord". Mais on le sait bien, il ne lui reste que presque deux ans pour la fin de son premier mandat. Félix TSHISEKEDI va-t-il sauver le peuple congolais de sa noyade de depuis plus de six décennies ? On le saura !

Rédaction